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Le "quiet quitting", nouvelle tendance ou véritable débat de fond ?

Louis Beranger
6 min
Le quiet quitting, nouvelle tendance ou véritable débat de fond ?

Devenu viral cet été, sur les plateformes de réseaux sociaux notamment sur Tik Tok, le phénomène du quiet quitting, ou en français “démission silencieuse”, traduit une envie de faire ce pourquoi on a été embauché ni plus ni moins ! Simple nouvelle tendance ou véritable sujet de fond, on vous décrypte tout dans cet article. 

Après la grande démission, la démission silencieuse ou quiet quitting 

Le quiet quitting a été popularisé par la vidéo de l’influenceur TikTok américain @zaidleppelin, publiée le 25 juillet dernier. Le hashtag quiet quitting comptabilise à lui seul plus de 125 millions de vues sur les différents réseaux sociaux. Comme toute bonne tendance qui se respecte, les médias s’en sont vite emparés, ce qui a accentué cette vague de notoriété. 🌊

Le quiet quitting : de quoi s’agit-il vraiment ?

Dans sa vidéo, l’auteur met en avant sa vison du travail et appelle les internautes à prendre conscience que la vie ne doit pas être centrée sur le travail : “Vous remplissez toujours vos fonctions, mais vous ne souscrivez plus à la mentalité consistant à se démener pour le boulot, qui dit que le travail doit être votre vie. La réalité, c’est que ça ne l’est pas, et votre valeur en tant que personne n’est pas définie par votre travail (…) Arrêtons de nous tuer à la tâche, de cautionner la hustle culture (culture du burn-out), le travail n’est pas votre vie et votre valeur n’est pas indexée à votre productivité. » 🤔

Concrètement, il s’agit de : 

  • Faire ses heures de travail ni plus, ni moins
  • Ne pas répondre aux mails et aux appels après les horaires
  • Ne pas accepter plus de responsabilités qu'écrit sur la fiche de poste
  • Ne pas non plus accepter de tâches supplémentaires

Rien de nouveau sous le soleil en soit puisqu’il s’agit ici de respecter scrupuleusement son contrat de travail qui a été signé au préalable. On vous invite d’ailleurs à faire un tour sur notre article “8 actions pour améliorer la qualité de vie au travail” et si vous souhaitez aller plus loin à télécharger notre ebook “Le guide de la QVCT”.

Le quiet quitting, un appel à en faire le moins possible au travail ? 

Non, cela traduit plutôt une sorte de déception liée au monde professionnel, un “ras-le-bol” du surengagement, un manque de reconnaissance, une prise de conscience de l’importance du bien-être au travail depuis la crise covid et bien entendu, une rémunération qui n’est pas à la hauteur du travail fourni. 🤯

Dans la continuité de la grande démission et de la quête de sens, on peut noter une certaine prise de conscience s’opérant chez certains salariés qui re-considèrent ainsi leur priorité en se tournant davantage vers la recherche d’un meilleur équilibre vie professionnelle - vie personnelle pour préserver leur santé mentale. 

Le télétravail, une réponse au quiet quitting ? 

Le télétravail est devenu en quelques années, un critère essentiel chez les cadres en recherche d’équilibre vie pro - vie perso. ⚖️

Une entreprise qui ne met pas en place une politique de télétravail devient moins attractive auprès des candidats et sa marque employeur perd de son rayonnement. On peut citer comme avantages : 

  • Une possibilité de vivre en dehors des grandes villes et profiter d’un cadre de vie plus plaisant
  • Évacuer le stress des déplacements quotidiens
  • Dédier plus de temps à sa famille 

Mais attention, le télétravail non accompagné peut au contraire nourrir le quiet quitting. 🤫

Prenons l’exemple à l’extrême du full remote (cela ne concerne bien entendu pas tout le monde) d’un salarié opérant tous les jours seul de chez lui. 

L’isolement peut engendrer, au fil du temps, une perte de lien entre l’entreprise et le salarié. Les rituels habituels autour de la machine à café s'estompent et les intéractions sociales deviennent de plus en plus rares. Les échanges entre collaborateurs et managers ne tournent plus qu’autour des tâches et missions à remplir, ce qui efface la notion du collectif. L’effet boule de neige continue puisque la motivation en est ainsi ébranlée et peut alors entraîner une forme de procrastination (dans les extrêmes bien sûr).

La solution de “flicage” n’est pas à préconiser, au contraire, elle peut elle aussi accentuer le sentiment de mal-être et insuffler une perte de confiance en ses supérieurs et son entreprise.

Un effet générationnel ? 

La pandémie et plus précisément le confinement ont entraîné chez les jeunes travailleurs une distance avec les entreprises. Ils n’ont pas pu construire les repères fondamentaux nécessaires à leur bonne intégration au monde du travail. Ils ne veulent pas reproduire le schéma “classique” de leurs parents en restant cloisonnés dans la même entreprise pendant plus de dix ans. À noter également le rejet du fameux : métro, boulot, dodo. 😵

Un décalage qui se heurte actuellement au modèle de pensée de l’entreprise : travailler toujours plus et intensément, même s’il tend à changer petit à petit. Cela est dû en partie à l’inversion du rapport de force sur le marché de l’emploi engendré par la grande démission. Beaucoup de démissions de la part des salariés en quête de sens, la plupart du temps pour un changement d’activité, ont entraîné une pénurie de talents dans certains secteurs. Les salariés sont désormais en position dominante par rapport aux employeurs qui doivent se réinventer pour leurs proposer un nouveau modèle plus en lien avec leurs attentes. 

L’analyse Wink sur le phénomène quiet quitting

Nous assistons à une évolution des modèles de travail de nos sociétés. Que ce soit outre-atlantique ou en Europe, la crise de la covid-19 nous a fait repenser nos priorités comme l’ont fait d’autres crises auparavant. Cette fois tourné vers la santé, le quiet quitting n’est que l’expression d’un sentiment de mal-être grandissant. Mais l’essor des technologies peut nous permettre de repenser nos règles en incorporant un travail plus hybride respectant les souhaits de chacun pour que le bien-être des salariés, trop souvent oublié, soit porté à une plus haute considération dans l’ensemble des décisions des entreprises. Le chemin est tracé, ne reste plus qu'à laisser faire le temps pour trouver un équilibre satisfaisant pour les employeurs et salariés.

Des suggestions ? 

Au delà du travail hybride si vous avez des idées, n'hésitez pas à nous les partager pour qu'ensemble nous puissions façonner le travail de demain. 😉

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